Interview d’Éric Straumman, maire actuel de Colmar, candidat à sa réélection. Il est membre du parti Les Républicains et a été député par le passé. Cet entretien est conduit par Karine Amouroux, coordinatrice de Solution Démocratique dans le Haut-Rhin, en compagnie de Delphine et Jonathan.
Démocratie locale
Le maire explique avoir mis en place plusieurs mécanismes de participation citoyenne durant son mandat. Un conseil d’initiative citoyenne a notamment été créé afin d’associer les habitants aux décisions municipales. Ce conseil a travaillé sur différents projets d’aménagement, comme celui de la place de la cathédrale. Les habitants sont régulièrement consultés et peuvent voter sur certaines propositions. Lorsque la population se prononce clairement, la municipalité suit généralement cet avis.
Les décisions peuvent aussi émerger directement des citoyens, par exemple via des pétitions ou des demandes locales. Des réunions publiques sont organisées pour débattre des projets avant le vote, car le maire estime que les consultations en ligne peuvent être biaisées.
Exemples de pratiques évoquées :
- création d’un conseil d’initiative citoyenne pour travailler sur des projets municipaux
- votes des habitants sur certains aménagements ou projets locaux
- organisation régulière de réunions publiques ouvertes à tous
- possibilité pour les citoyens de proposer des projets, parfois via pétition
- abandon d’un projet lorsque la majorité des habitants s’y oppose (ex. aire de jeux refusée par 350 participants à une réunion)
- mise en place de mesures demandées par les habitants, comme un système d’abonnement de stationnement
Selon lui, la démocratie locale repose sur le débat et la décision majoritaire, même si juridiquement le conseil municipal reste souverain.
Parrainage présidentiel
Concernant le parrainage pour l’élection présidentielle, le maire considère qu’il s’agit d’un choix strictement personnel du maire. Dans son cas, il indique qu’il soutient traditionnellement le candidat de son propre parti politique (Les Républicians) et qu’il ne voit pas de raison de donner sa signature à d’autres candidats, même si ceux-ci ont plus de difficultés à obtenir les 500 parrainages nécessaires.
Il distingue clairement la démocratie locale, où il encourage la participation des habitants, et la présidentielle, qu’il considère comme un enjeu politique national relevant des partis.
Points principaux :
- le parrainage est présenté comme un acte personnel du maire
- il choisit en général le candidat de son parti politique
- il ne voit pas l’intérêt de parrainer des « petits candidats » pour leur permettre d’atteindre les 500 signatures
- il estime que la politique nationale est plus complexe que la gestion locale
- selon lui, il y a déjà suffisamment de candidats à l’élection présidentielle
Ainsi, même s’il favorise la participation citoyenne au niveau municipal, il considère le parrainage présidentiel comme une décision politique individuelle liée à son engagement partisan.
