Fréquence Commune : notre avis, notamment sur sa vision de la démocratie directe

Fréquence Commune est une structure coopérative et un réseau d’accompagnement destiné aux listes et municipales citoyennes et participatives. Elle se présente comme un acteur de la transformation des pratiques politiques locales vers davantage de participation des habitants. C’est un organisme de formation et de conseil pour des équipes municipales souhaitant mettre en place des dispositifs participatifs au sein des communes.

🏛️ Une structure coopérative et un réseau d’accompagnement

Selon les données disponibles (notamment Pappers), Fréquence Commune est une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) créée le 11/02/2018, avec un capital social d’environ 70 450 €, et une équipe de 3 à 5 salariés (donnée 2022).

Elle est organisée autour de plusieurs catégories de sociétaires : salariés, fondateurs, accompagnateurs, collectivités, collectifs citoyens, bénévoles, chercheurs et partenaires.

La structure propose notamment :

  • des formations pour élus municipaux ;
  • des outils de gouvernance interne ;
  • des méthodes de budget participatif ;
  • des dispositifs de mobilisation citoyenne ;
  • un accompagnement des listes dites “participatives” pour les élections municipales.

Elle s’appuie également sur des partenariats avec des fondations, dont la Fondation Danielle Mitterrand et “Un monde par tous”, et soutient le développement du réseau Actions Communes.

🗳️ Fréquence Commune et les municipales 2026

Dans le cadre des municipales 2026, Fréquence Commune a accompagné plusieurs listes locales se présentant comme “citoyennes” ou “participatives”. Le réseau diffuse notamment des guides pratiques, comme “La mairie est à vous”, et des outils de structuration de campagnes locales.

Le mouvement met en avant une logique de transformation progressive des pratiques municipales, en intégrant davantage les habitants dans les décisions publiques (consultations,

Solution Démocratique a interviewé plusieurs listes s’inscrivant dans ce courant, ou formées par Actions Communes (dérivé de Fréquence Commune).

Exemple dans l’Ain👇.

⚖️ Différence entre Fréquence Commune et Action Commune

Fréquence Commune se positionne comme un réseau d’accompagnement et de formation, tandis qu’Action Commune correspond davantage à une dynamique plus militante et de structuration de réseaux de listes locales.

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🧩 Une vision erronée de la démocratie directe

Voici ce qu’on peut lire sur l’article consacré à la démocratie directe disponible sur le site de Fréquence commune (ici : https://www.frequencecommune.fr/democratie-directe/).

La conception de la démocratie directe présentée par Fréquence commune date d’il y a 200 ans, avec la présence d' »Assemblées populaires » où les citoyens proposent « les sujets à l’ordre des jours des assemblées. »

Cette idée est obsolète.

Depuis le milieu du dix-huitième siècle, les pétitions ont largement remplacé les assemblée populaires pour initier les lois, ce qui permet de pratiquer la démocratie directe dans des pays très peuplés, et non seulement dans des petits territoires. 

Une autre caractéristique de cette vieille approche est l’idée que « les individus votent sur les lois et les politiques publiques, au lieu d’élire des représentants pour le faire à leur place ». En fait, même à Athènes, il y avait des représentants, mais ils étaient tirés au sort. Ce qui est important, en démocratie directe, est que les décisions ultimes reviennent toujours directement aux citoyens, qui, eux-mêmes décident s’ils veulent ou non avoir des représentants, sous quelles conditions et pour faire quoi. Mais ils ne délèguent jamais leur souveraineté à des représentants. 

Ce choix qui consiste à défendre une conception de la démocratie directe basée sur des outils obsolètes, est en partie volontaire. En effet, ils reprennent les critiques qui n’ont aucune base empirique selon lesquelles :

« Bien que le système suisse offre aux citoyens la possibilité de participer activement à la prise de décision politique, les débats publics peuvent être superficiels ou polarisés. Le processus de délibération est limité en raison de contraintes de temps. Les campagnes menées avant les référendums ou les initiatives populaires sont souvent dominées par des arguments simplistes ou émotionnels, plutôt que par une discussion approfondie et éclairée des questions en jeu. » 

Tout cela est absolument fantaisiste. Toutes les recherches convergent vers un effet bien connu, appelé « vertu éducative de la démocratie directe », qui montre que l’existence d’initiatives et référendums, notamment en Suisse, améliore la qualité de la délibération, le niveau de compétence des citoyens, et leur engagement civique. Par ailleurs, les décisions prises, compte tenu du temps qu’il faut, sont beaucoup moins émotionnelle et simplistes que dans un système représentatif. 

Cette approche influencée par la propagande anti-démocratie directe, les conduit à conclure que:

La Suisse revendique une organisation en démocratie directe. 

Ce n’est pas uniquement « la Suisse » qui se présente comme un exemple de démocratie directe. Cette qualification repose surtout sur un consensus établi dans la littérature scientifique en sciences politiques.

Les chercheurs qui étudient et comparent les systèmes politiques à travers le monde classent généralement la Suisse parmi le système le plus aboutit de démocratie directe (voir notamment l’ouvrage Démocraties directes (Bruylant, 2022) dont Raul Magni Berton et Laurence Morel sont les co-auteurs).

Autrement dit, il ne s’agit pas d’une simple revendication nationale, mais d’une analyse comparative largement partagée dans la recherche internationale sur les régimes politiques.

De plus, même si les citoyens suisses ont la possibilité de voter sur diverses questions via des référendums et des initiatives populaires, cela ne garantit pas nécessairement une gouvernance plus efficace ou plus équitable. 

L’affirmation selon laquelle la démocratie directe ne garantirait pas une gouvernance “plus efficace ou plus équitable” reflète une méconnaissance des effets documentés de la démocratie directe.

De nombreuses études comparatives montrent que les États disposant de la démocratie directe à l’échelle nationale — comme la Suisse, la Californie ou encore l’Uruguay — présentent des résultats macroéconomiques et sociaux spécifiques.

On y observe notamment :

  • un niveau de dette publique souvent plus maîtrisé, à PIB comparable ou supérieur dans certains cas ;
  • des niveaux d’inégalités et de redistribution globalement au moins équivalents à ceux de systèmes représentatifs classiques ;
  • une stabilité politique et une paix sociale plus élevées ;
  • un niveau de confiance institutionnelle et de satisfaction citoyenne significativement supérieur, notamment en Suisse ;
  • une pression fiscale perçue comme plus contenue pour les ménages et les entreprises.

Enfin, le sondage Ifop – Fréquence Commune montre aussi une conception qui semble erronnée de ce qu’est la démocratie directe :

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